jeudi 5 janvier 2012

Tour d'horizon (ou croquis panoramique).

Peut-être que je suis fasciné par des trucs totalement futiles mais peu importe, j’en ferais un article, aussi court soit-il. Ainsi, voici dans le langage militaire, un « Tour d’horizon », tout est dit mis à part la longueur d’un tel document : 2,80 mètres. La très grande précision de ce panorama est assez remarquable.


Tous les jours, je découvre depuis le début de mon expérience archivistique, des documents qui m’interpellent non pas seulement par leur fond, mais aussi et surtout par leur forme, car c’est toujours celle qui frappe au premier coup d’œil lorsqu’elle sort de l’ordinaire. 

mercredi 4 janvier 2012

Dépaysement et exotisme.

J’ai remarqué que les archives, du moins celles qui traitent de sujets aussi lointains géographiquement que temporellement, avaient sur moi un effet dépaysant, presque thérapeutique. En m’éloignant du « terre à terre » administratif et contraignant, elles me rapprochent d’un exotisme auquel j’avais gouté au cours de mes études de Lettres, l’exotisme méridional et oriental vu, entre autres, chez André Gide ou Joseph Conrad. L’heureux hasard fait que le fonds sur lequel je travaille depuis maintenant 2 mois a pour contexte la Syrie sous mandat français dans les années 20’.


Je me laisse alors transporter, presque 100 ans en arrière, au fil des dossiers à travers ce territoire syrien, ses villages, ses tribus et ses conflits. J’ouvre un carton et je me retrouve en Haute Djezireh près de la frontière turque puis, en ouvrant un autre carton, je file vers l’ouest pour rejoindre Alep d’où je me laisse glisser jusqu’à Damas et ses environs jusque dans les hauteurs du Djebel Druze au sud du pays. 
Je me suis donc mis à relire Conrad, car c’est une opportunité et un plaisir de pouvoir lire ce que l’on veut et pour soi uniquement et non pour préparer une dissertation ou des partiels de fin de semestre.

« Ils frémissaient à la pensée des rudes labeurs et menaient des existences faciles et précaires, sans cesse à la veille d’un renvoi, sans cesse à la veille d’un engagement ». 
         Lord Jim, de Joseph Conrad (Paris, Flammarion, 1996), p.58

classer...déclasser.

J’m’énerve, j’m’énerve, mais bien sur que j’m’énerve ! Il n y a d’ailleurs qu’un archiviste pour s’énerver sur un tel sujet. C’est quand même dingue, on classe, on fait ça très souvent oui, c’est notre boulot dans le fond, mais pourquoi ? Eh bien, pour offrir aux lecteurs (chercheurs, historiens, étudiants, généalogistes…) des outils de recherche et des documents ordonnés, ce qui est censé faciliter leur travail.
Il y a deux types de classement chronologique : croissant (du plus récent au plus ancien) ou décroissant (du plus ancien au plus récent). Ce dernier d’ailleurs est celui qui, d’un point de vue historique, apparaît le plus logique.
C’est une logique qui n’est pas celle du lecteur qui cela dit, n’en a peut-être pas. Non, le lecteur ne cherche pas à comprendre. Il y a soit celui qui semble avoir compris, qui par exemple, glisse les deux rapports n° 14 et 15 du 17 et 23 juillet 1919 avant le n°16 (ordre croissant donc) sans avoir remarqué que les rapports allaient décroissant, c'est-à-dire du n°112 au n°1 par exemple, du plus récent au plus ancien en fait. Soit il y a celui qui ne cherche même pas à comprendre puisqu’il n’en a rien à f……, et ces deux documents, il préfère les remettre sur le dessus de la pile, il referme le dossier, le carton, merci, au revoir, avec le sourire c’est pire.


En somme, ça nous donne des dossiers classés anarchiquement ou tout simplement, déclassés. De ce constat naît un paradoxe. Si l’on classe ces archives, c’est pour qu’elles soient communicables, exploitables, lues, traitées, etc. Sinon, pourquoi les classer ? Pourquoi les communiquer ? J’avoue que mon raisonnement s’approche d’un sophisme à l’envers du style le lecteur déclasse, or tu es un lecteur, donc tous les lecteurs déclassent. Mais quand on s’agace, tout seul, face à un fonds de plus de 200 cartons, on a besoin d’avoir un « souffre douleur ». Alors on en idéalise un, typique, et il nous terrorise.

mardi 22 novembre 2011

Le premier poste !

Comme le disait un rappeur il y a quelques années, « ça fait bizarre » mais finalement, c’est normal.

C’est normal de travailler car c’est bien la raison de mon article. J’en ai donc temporairement terminé avec les entretiens et autres galères collatérales depuis que j’ai trouvé un poste en cdd au ministère de la Défense. On pourrait presque croire que ça en jette et effectivement je ne suis pas peu fier de ma place même si dans le fond, ce n’est surement pas grand-chose. Cela-dit, j’ai la chance toutefois de travailler dans un cadre prestigieux du patrimoine français et je trouve qu’avoir un badge pour accéder aux locaux des archives de l’armée donne l’impression de faire partie d’un milieu privilégier du genre « Top secret ».



Au-delà de ça, il y a des concessions à faire comme quitter sa région le temps de la mission, quitter un certain confort pour affronter autre chose en échange donc d’un poste. Après , il n y a pas photo, il est évident que je préfère exercer mon « vrai » métier ailleurs pour me mettre le pied à l’étrier plutôt que d’exercer un taf complètement différent et non qualifié pour rester chez sois et perdre toute éthique morale et professionnelle.

Sans concessions, il n y a pas de progrès. Woah !

jeudi 15 septembre 2011

Entre "tiens" et "tenez"

Chapitre 3

J'ai hésité un moment avant de me lancer dans la rédaction du 3e et dernier article de la série "Entre -tiens- et -tenez-". La seule raison de cette hésitation c'est la ... ma superstition, je me disais que j'aurais bien écrit cet article une fois les réponses tombées, positives ou négatives du reste...Mais non. Que voulais-je dire d'ailleurs?

Ah oui, ça me revient, mon second entretien! C'est ça! Il s'est bien déroulé, ça va bientôt faire une semaine donc j'ai peut-être, surement d'ailleurs, oublié quelques détails mais dans l'ensemble, je me suis senti bien : ambiance détendu, projet intéressant (je rappelle que je passais un entretien dans une institution privée reconnue d'utilité publique), beaucoup de travail à abattre et tant mieux, c'est comme ça qu'on engrange de l'expérience. En bref, le job me plait mais voila....je doute...je patiente.....je végète...je flippe quoi.

Comme je l'évoquais plus haut, cela fait bientôt une semaine que j'ai passé cet entretien, certes je m'attends à avoir une réponse au dernier moment mais chaque signe de désintérêt de la part de l'employeur (ça y'est, la paranoïa prend le dessus) me plonge dans le scepticisme (aucune nouvelle, pas de réponse à un mail de question sur le poste...). Du coup je me refait l'entretien à l'envers : "Arf j'aurais pu dire ça...montrer que...huumm s'ils tombent sur une personne hyper expérimentée j'suis mal...".

Après, c'est pas la fin du monde, des entretiens on en passe des tas et y'a pas toujours de véritable logique. En attendant, je consulte d'autres annonces, lorsqu'elles sont dans mes cordes je postule, et je bosse un peu à côté car d'une part, je m'emmerde (??) et d'autre part, il faut manger.

Bon, je promets que le prochain article parlera d'un poste d'archiviste, acquis ou non.

jeudi 8 septembre 2011

Entre "tiens" et "tenez"

Chapitre 2

Donc mon premier entretien en banlieue parisienne a commencé en province, de la où je partais pour arriver sur Paris à presque 13h pour un entretien à 14h20. Première difficulté, mes bagages : ordinateur portable, porte-documents et petite valtouse pour quelques jours. Tout ça sans roulettes avec ma belle et nouvelle veste, m….. mais j’ai chaud ! Dès qu’il fallait marcher j’avais chaud, de chez moi à la gare, de la gare à mon rendez-vous avec un parent pour lui laisser mon « fret », de mon rendez-vous à mon entretien, m….. mais j’ai chaud p….ain ! Mais c’est ou ? Arf, mon plan est à l’envers, ah c’est là…pfff gauche ? Droite ? Gauche ! Ouf c’est là !

Bien sûr j’oublie de noter dans mon agenda le numéro du bureau auquel j’étais convié, la secrétaire silencieuse me propose de m’assoir dans un fauteuil en attendant mon tour (on est plusieurs donc…oui en même temps). Un fauteuil ? Mais c’est quoi ce truc dans lequel j’m’enfonce ? Y’a pas de clim ici ? Bon tant pis pour la veste je l’enlève ! Bon tant pis pour le fauteuil je me lève ! Entre temps, j’avais réussi à demander à un ami d’aller sur ma boite mail pour me donner le numéro du fameux bureau et en tournant un peu la tête, ah tiens je suis en face, j’attends.

La porte s’ouvre, je pense tellement à rien que je ne sais même plus si la personne qui me précédait était un homme ou une femme, peu importe, le jeune directeur du service se présente et me sert la main. Ça y’est, j’suis mal à l’aise (et j’ai toujours chaud).

Je m’installe après avoir serré la main aux trois personnes et m’être présenté trois fois (pour rien). Très bien huilé, le mécanisme de l’entretien typique s’enclenche et ces trois personnes se présentent l’une après l’autre alors que je n’ai pas le temps de sortir de quoi noter, tant pis, j’acquiesce avec un sourire à chaque intervention : un tel est…tiens je ne sais plus, un autre est directeur du service et une telle est responsable des ressources humaines.

A moi…je sens quelques gouttes couler sous mes cheveux et c’est à cet instant que je décide de me lancer, je raconte mon parcours tout en me disant que c’est débile de paraphraser son cv et d’ailleurs je le dit «…oui donc comme je le présente dans mon cv… » quel con. Ensuite, je dois expliquer pourquoi moi, pourquoi je suis fait pour ce poste, bref, je me vends et pas trop mal même si j’ai la forte impression de ne pas trouver mes mots et de répéter toujours les mêmes. Tout ça en tentant de capter l’attention de mon jury par des regards furtifs et en tentant subtilement de me gratter là ou la sueur coule.

Ils notent des choses, acquiescent de la tête, dans le fond je ne sais pas si c’est bon signe ou pas et j’ai terminé. C’est la que chacun pose sa question, je galère... : « Vous pensez trouver quoi comme archives ici ? », « Quels sont les autres établissements qui proposent le même type de documents ? », « qu’est-ce qui vous intéresse particulièrement dans ce poste ? »…

A mon tour, je sors un papier sur lequel j’avais griffonné des questions dans le train, date de prise du poste, les horaires, l’encadrement, le concours…questions basiques mais je note ce que l’on me dit (oui j’ai finalement réussi à sortir mon petit calepin) et enfin le salaire : « oui j’avais une dernière question, j’ai du mal à savoir à quoi correspond réellement un salaire de catégorie B ? » demandais-je entre la gêne et un sourire.

Et c’est la RH qui, entre la gêne et la gêne s’est chargée de me répondre :
« On a du vous le dire lorsque l’on vous a contacté par téléphone »
« Non, je ne m’en souviens pas »
« Alors, c’est environ aux alentours de …1100 euros »
Souriant d’une couleur fortement jaunâtre
« Ah d’accord, merci !...bien… »

Fin de l’entretien, « on vous tient au courant la semaine prochaine ».

Je sers la main aux deux personnes restantes l’autre étant partie au toilette et je glisse alors d'un air complice un "bien alors j'attend votre appel" (re quel con). Je sors, je n’ai plus chaud, je souris même en me demandant si l’on ne vient pas de se foutre de moi.

Entre "tiens" et "tenez"

Chapitre 1er

Diplôme en poche (enfin presque, c’est une question de jours), me voilà sur la route du travail et donc des entretiens. Durant mes stages, j’avais réussi à en décrocher deux, l’un dans un service d’archives dans le public en banlieue parisienne et l’autre dans une organisation sportive privée (d’utilité publique) dans Paris.

J’écris dès maintenant alors que je n’ai passé que le premier entretien, le prochain se déroulera demain.

Il faut l’avouer, les offres d’emplois pour archivistes ne sont pas nombreuses et quand il y en a, il faut faire le tri entre celles qui demandent…

Non, je vais faire plus significatif en citant les postes proposés dans la section « emploi » de l’AAF (Association des Archivistes Français) : médiateur culturel, assistant qualifié de conservation du patrimoine, responsable d’archives/record manager, responsable du pôle constitution du fonds, archiviste contractuel, archiviste itinérant, responsable d’application documentaire, responsable de la cellule du fonds public ouvert, archiviste responsable du « traitement des fonds - archives historiques et généalogiques », adjoint du responsable des publics chargé de l’orientation des publics, conservateur du patrimoine spécialisé archives, chef de projet « archivage électronique », etc.

Autant dire que pour un jeune diplômé, entre le savoir faire et l’expérience demandés et les situations géographiques de chacun de ces postes, une grande majorité sinon la totalité de ces offres sont inaccessibles.

Bon, il y a d’autres moyens de recevoir des offres mais ce n’est pas le sujet de cet article, je rajoute juste avant de reprendre le sujet initial, que le site du « Pôle Emploi » est surement le pire site pour trouver un emploi tant les offres proposées sont absurdes ! C’est valable pour tous les métiers ! Voila, c’est gratuit et sans exemple et j’m’en fous.